Je doute que beaucoup d'entre vous soient véritablement en mesure de lire tout cela. Cependant je tenais vraiment à publier mon expérience. Un album de 153 photos est également disponible pour visionnement
ici. Alors bonne lecture aux volontaires, j'espère quevous apprécierez également les photos (commentées en anglais), et bon courage aux autres...
_____________________________________________________________
J'y aurai donc passé 12 jours. J'ai quitté Genève le mercredi 1er juillet à 14h pour arriver à Los Angeles vers 19h, heure locale, et arriver à Santa Barbara à 1h30 du matin (ayant passé le reste du temps à chercher une auberge sur internet et à attendre le bus partant de l'aéroport jusqu'à Santa Barbara).
Jeudi 2 et vendredi 3 juillet: Je reste à l'Orange Tree Inn. Je vois la famille d'accueil qui m'avait hébergé l'an passé les deux jours. Je passe le jeudi à confectionner le panneau que j'emmènerai à Neverland samedi. Je regarde également mes mails dans la soirée, et y trouve un de Monsieur Morris, à qui j'avais écrit peu avant de quitter Genève, mercredi matin.
(Monsieur Morris est le CEO de Positive Productions, l'organisateur des deux soirées VIP et Fan Appreciation Day ayant eu lieu le 8 et 9 mars 2007 à Tokyo, au Japon. C'est là-bas que j'ai été à deux doigts de rencontrer Michael - plus de détails bientôt ici).
Je lui avais demandé s'il avait encore gardé des contacts avec les gardes du corps de Michael, car je voulais les contacter afin de savoir ce qui s'était passé lorsque j'avais quitté l'hôtel, et surtout si Michael avait reçu ma lettre.
Voici, en quelques mots, ce qu'il m'a répondu:
"Je me souviens de toi comme si c'était hier. J'ai fait tout mon possible pour que Mr Jackson puisse te rencontrer et il a eu ta lettre.
(...) Ils ont tous quitté le Japon et je n'ai aucune idée où ils sont.
Je sais que Mr Jackson a reçu ta lettre parce que je m'en suis personnellement assuré.
Mr Jackson et moi avons personnellement parlé de toi et de ta situation, et il était triste que tu sois partie, spécialement dans tes circonstances. (...) "En lisant ces mots, je me suis effondrée en pleurs sur mon lit, en colère d'avoir pensé que j'avais le temps, que je n'étais pas obligée de m'acharner à réessayer de rencontrer Michael, et surtout terriblement déchirée par cet affreux concours de (mauvaises) circonstances...
Vendredi matin je me réveille vers 7h, malgré le masque que je porte sur les yeux, et m'aperçois avec effroi en lisant les news qu'une conférence sera tenue au Staples Center de Los Angeles à dix heures.
Le prochain bus pour LA part justement à cette heure-là...
Mais je me décide tout de même à tenter le coup. Munie donc de toutes mes affaires (un sac de trois tonnes, un ordinateur et un sac à main), je me rends à la station de bus Greyhound, n'y arrivant que 5 minutes avant le départ du bus, trop tard pour que je puisse encore faire partie du voyage. Je suis démolie.
La prochaine possibilité est le train, à midi vingt, ce qui me ferait arriver à 15h à LA.
J'abandonne donc l'idée. Lorsque je reviens sur MSN, j'y retrouve un ami que je connais depuis deux ans et qui est sur place (à LA). Il me dit que je dois m'inscrire sur le site du Staples Center. Je m'inscris donc avec cinq adresses mail différentes.
Durant la suite de la journée, je n'en peux déjà plus de regarder la télé, on parle beaucoup trop de Michael, et la vidéo des répétitions de This is it me sort par la tête...
J'emménage le soir chez ma famille d'accueil pour le week-end.
Samedi 4 juillet:Je me réveille tôt le matin, car je dois faire quelques démarches afin d'avertir les responsables de mon collège (l'équivalent suisse du lycée) que je vais déplacer mon vol d'une semaine, que je ne pourrai ainsi pas partir en Afrique, et qu'il me faudra donc changer de thème de travail de maturité.
Je quitte ensuite la maison vers 10 heures, et prends le bus jusqu'à Camino Real Marketplace, où je prends la navette jusqu'au Chumash casino à 11h30.
Voyant que les bus pour Los Olivos ne circulaient plus durant les périodes de vacances, j'ai tout de même eu la chance de trouver un employé de l'hôtel du Chumash qui s'est dévoué pour me conduire gratuitement jusqu'à la Figueroa Mountain Road, m'épargant ainsi de devoir parcourir le long chemin depuis Solvang jusqu'à Los Olivos.
Une fois arrivée à Los Olivos, j'ai refait un tour dans le village, retrouvant exactement les mêmes lieux en lesquels je m'étais rendue il y a moins d'un an.
Je ne comprenais pas comment les gens pouvaient se réjouir du 4 juillet, faire des barbecues, rire sur les terrasses des cafés alors que pour moi le monde s'était arrêté de tourner depuis 10 jours.
Après avoir pris quelques photos, j'ai commencé mon chemin depuis la Figueroa Mountain Road, mon panneau noir pailleté dans les mains et la musique de Michael dans les oreilles.
Autant je n'avais croisé presque aucune voiture le soir du 19 juillet 2008, autant à présent j'en voyais tout le temps passer. Au moins huit d'entre elles ont dû s'arrêter vers moi pour me demander si je voulais qu'ils me prennent avec eux, et j'ai systématiquement refusé.
Pour moi cela n'aurait rien voulu dire d'arriver là-bas en à peine un quart d'heure.
Le soleil tapait et j'essayais d'empêcher mon panneau de voler dans tous les sens, mais cela m'était complètement égal, je tenais vraiment à faire ce voyage à pied, même si l'on me répétait que c'était un long chemin.
Etant partie du début de la Figueroa Mountain Road à 14h05, je suis arrivée vers Neverland vers 16h15. Comme j'avais pu le voir à la télévision, il y avait des caravanes de chaînes TV tout au long des quelques dizaines de mètres de route précédant l'entrée du ranch.
Plein de voitures étaient elles aussi parquées, des toilettes installées, des gens vendaient des autocollants, des T-Shirts, jouaient la musique de MJ...
Plusieurs personnes sont venues me voir en me demandant si j'étais la fille qui avait marché jusqu'à Neverland, et m'ont dit qu'ils m'avaient vue en venant, depuis leur voiture.
J'ai pu partager un peu mes expériences avec d'autres fans, et me suis fait interviewer 4 ou 5 fois, dont une fois par une journaliste d'une radio new-yorkaise, par Fox news, ou par un amérindien indépendant possédant un site nommé injunterritory.com.
Je me suis aussi fait papparazzer par un journaliste de l'Associated Press avec mon panneau dans les mains.
Ce fut l'amérindien m'ayant interviewée qui m'a prise en photo devant le portail de Neverland, dont il m'a confiée une fleur blanche ayant auparavant été fixée aux couronnes de fleurs l'ornant. Après avoir demandé un rouleau de scotch à la caravane de la CNN, j'ai pu coller mon panneau dans un endroit bien visible, dans un arbre se situant à gauche du portail.
Je ne pourrais plus vous dire exactement ce que j'ai dit aux gens m'ayant interviewée, si ce n'est un très triste constat, que tous ces hommages apportés à Michael ne le feraient pas revenir. Lorsque la Fox m'a demandé ce que je dirais à Michael s'il était encore vivant, j'ai répondu: "oh je ne sais pas, je lui avais écrit une lettre et j'avais dit tellement de choses (référence à la lettre que Michael avait reçue de moi à son hôtel au Japon), mais je pense que je dirais (je cite une phrase de cette lettre que je modifie un peu): Garde la magie vivante, car tu es la magie, tu était la magie et tu seras toujours la magie."
J'ai également croisé un papparazzi de Hollywood TV, qui avait travaillé pour TMZ auparavant. Nous avons pas mal discuté, et lui aussi appréciait beaucoup Michael, dont il avait notamment raconté l'anecdote comme quoi ce dernier avait il y a quelques semaines baissé la fenêtre de sa voiture et avait saisi fermement sa main en signe d'amitié, à "moi, un papparazzi"... Il m'a également montré quelques unes des dernières photos qu'il avait prises de Michael et m'a dit de passer mon doigt sur l'écran (comme pour donner un câlin).
C'est ce que j'ai fait avec mon pouce, et j'ai du fortement résister pour ne pas y donner un bisou également...
J'ai pu aussi faire part de mon envie d'avoir un T-Shirt et du fait que je n'osais pas en acheter un, étant trop inquiète quant à mes finances.
La journaliste new-yorkaise s'est donc dévouée pour m'en acheter un, et il m'a en fait été dur de trouver celui que je voulais, beaucoup portant la date de décès de Michael, ce que je ne voulais pas afficher, vivant toujours dans le déni et la fuite de cette évidence...
Mais j'en trouve finalement un sans dates dessus, à $10, que la journaliste m'offre.
Vers les 19h, je laisse mes affaires auprès du papparazzi et lui dis que je vais parcourir un peu la Figueroa Mountain Road, où je compte en fait aller photographier toutes les barrières que j'avais escaladées il y a un an, alors que je cherchais désespérément Neverland.
Le chemin me prit à peu près une vingtaine de minutes, avant que j'arrive au pied de la Figueroa Mountain et fit demi-tour... en décidant de marcher pieds nus sur la route maintenant ombragée, me souvenant bien du sentiement de liberté que cela m'avait apporté de l'avoir souvent fait en Corse il y a trois ans, et malgré tout heureuse de l'idée de pouvoir sentir le sol où Michael avait longtemps vécu.
L'histoire ne se terminera malheureusement pas très bien pour moi, mais cette partie ne sera pas relatée ici (je vais créer une section spéciale "feedback" où vous pourrez la trouver).
Lundi 6 juillet: Je quitte Santa Barbara à 10h, et arrive à Hollywood aux alentours de midi et demie. Beaucoup d'auberges étant pleines, je me décide finalement pour la Hollywood and Highland Hostel, 7038 Hollywood Blvd, très bon marché.
Une fois arrivée sur place, je comprends bien malheureusement pourquoi les prix sont bas...
Je me rends le soir même auprès de l'étoile de Michael, à à peine 3 minutes de marche de l'auberge. Ca bouchonne comme pas possible, plein de gens essaient de se frayer un chemin vers l'étoile afin de se faire prendre en photo, et des barrières de sécurité entourent les très nombreux lettres, fleurs, hommages apportés au chanteur.
Je passe également beaucoup de temps dans un internet café afin d'essayer de trouver une solution pour les tickets du Staples, puisqu'aucune de mes tentatives d'en obtenir officiellement n'a abouti. Des fans présents dans l'internet café me donnent l'adresse d'un site, où ils me conseillent de poster une annonce de recherche de tickets.
Je reçois plusieurs réponses de gens demandant entre 100 et 200 dollars par ticket.
Bien que dégoûtée de voir tous ceux qui essaient de tirer profit du décès de la superstar, je dois constater à un immense regret que, n'ayant pas eu le temps de payer ma facture Visa, je n'ai plus d'argent dessus, et que je n'ai sur moi plus que 300 dollars jusqu'à la fin de la semaine (j'avais en effet prévu de ne rester que jusqu'au 5 juillet à la base!), ce qui rend mon acquisition d'un billet impossible.
Mardi 7 juillet: Je me réveille tôt le matin, ne sachant toujours pas si je voulais rester à Hollywood, condamnée à regarder Michael derrière un écran TV, ou me rendre sur place, bien que je ne verrais rien de la cérémonie.
Cependant, en passant devant la salle TV de l'auberge, je jette un coup d'oeil à l'écran et entends dire "il se pourrait que le corps de Michael Jackson soit présent à la cérémonie".
Cette phrase me décide immédiatement et en quelques minutes, je me retrouve à attendre le métro pour le Staples à la Hollywood&Highland station.
Après un changement de ligne et 30 ou 40 minutes de trajet souterrain, je me retrouve bientôt à la surface, à une centaine de mètres peut-être du Staples center.
Le périmètre bouclé est très grand, ce qui ne me permet pas de m'approcher beaucoup du Staples. Je choisirai toutefois l'endroit le plus proche de la sortie. J'ai du arriver là-bas aux environs de 9h30, je ne me souviens plus exactement.
Peu après mon arrivée je commence à remarquer les hélicoptères dans le ciel. J'en compte neuf. J'étais en train de me demander si nous allions pouvoir voir le corps de Michael...
J'en parle au policier se trouvant devant moi. Il me répondra par une phrase que je n'oublierai jamais... "Vous voulez savoir où son corps est? Regardez où se trouvent les hélicoptères"...
Et en effet, sur les neuf qui tournaient dans le ciel, deux restaient sur place, pour filmer...
J'ai eu un énorme pincement au coeur...
Le reste de la matinée fut très long. Beaucoup de journalistes étaient là, que ce soient ceux d'ABC en compagnie de leur présentateur, ou d'autres du monde entier, des espagnols, des japonais. Je me suis fait interviewer deux fois je crois, dont une par une japonaise justement...
J'étais même surprise de voir à présent l'attention que ces mêmes journalistes accordaient à des fans qui ne faisaient que danser sur du Michael, alors qu'auparavant j'imagine qu'ils n'auraient même pas filmé un fan de MJ parlant même seulement de son idole...
Et il y avait aussi ces connes (excusez-moi, mais il n'y a pas d'autre mot) qui se mettaient à hurler des "Miiiiiiiiiiichaaaaeeeeeel" comme à ses concerts! J'hallucinais.
Ca c'est un truc que je comprendrai jamais. Beaucoup des fans que j'ai pu entendre crier pour Michael le faisaient comme s'il était toujours vivant. Je n'ai jamais vu personne pleurer, putain! Alors que moi j'avais envie de ne faire que ça!
A un moment notamment, je n'ai plus pu me retenir, et, devant l'enthousiasme déplacé d'un fan, j'ai lancé un "ça ne va pas le faire revenir"!
Malgré cela, j'ai beaucoup apprécié passer du temps en présence de fans. J'étais d'ailleurs contente que les entrées en contact soient si faciles, et, bien que tout cela ait été assez difficile (surtout à la fin de la cérémonie... enfin, ce ne sera pas mentionné ici), j'ai pu garder de précieux souvenirs. En rentrant, je me suis notamment arrêtée à côté de fans interviewés par CNN à la sortie du Staples, ne sachant pas qu'ils passaient en direct...
Beaucoup d'américains ont donc du m'aperçevoir cinq bonnes minutes dans un coin de leur écran...
Mercredi 8 juillet: Je me suis rendue à Holmby Hills. J'ai fait environ 40 minutes de bus pour arriver, à ma surprise, juste à côté de la rue menant à la résidence de Michael.
Là-bas, tout est très calme, et je ne compte pas plus qu'une quinzaine de fans en cette fin d'après-midi. Beaucoup de lettres, de fleurs, d'hommages s'étendent également sur toute la plate-bande à gauche du portail, une plate-bande formant un angle arrondi jusqu'au portail du garage de la résidence. Je ne resterai que peu de temps là-bas, faisant le tour de ce que je pouvais voir de l'endroit où cet être que l'on aimait tant s'est éteint.
J'écrirai également une autre lettre d'adieu, sur le capot d'une voiture, que je laisserai là-bas.
Comme tout était calme, j'ai pu mieux me concentrer, et je pense que, bien qu'assez courte, cette lettre reste la plus imprégnée du mal que j'avais de perdre Michael (j'ai d'ailleurs repris certains propos écrits sur cette lettre d'adieu dans celle figurant ici).
Je prends ensuite le bus afin de me rendre au Ronald Reagan UCLA Hospital.
Lorsque j'arrive, je me rends compte que je suis dans un complexe immense, avec non seulement un hôpital, mais aussi une université... Je commence d'abord par demander conseil à la tenancière de la cafétéria de l'hôpital, qui me donne une direction trop vague.
Après avoir longtemps tourné en rond, j'entre dans la bibliothèque de l'université, où on me donne un plan et on me dit que j'en ai pour environ 15 minutes de marche.
Je finis tout de même par arriver devant cette entrée me paraissant si froide et sinistre, cet endroit que tout le monde a pu voir sur son écran de télévision...
A présent, personne, même pas une fleur, un "Rest in peace Michael Jackson".
Rien. Je ne resterai donc pas longtemps et, après avoir pris une photo, repartirai rapidement pour reprendre le bus jusqu'à Hollywood Boulevard.
Jeudi 9 juillet: Je me rends à Encino en milieu d'après-midi. Je prends le métro jusqu'à Universal City, avant d'attendre un autre bus, celui m'emmenant à Hayvenhurst Avenue.
Une fois dedans, j'y aperçois également deux fans portant des T-Shirts Michael Jackson.
En sortant du bus, nous engageons donc conversation. C'est un jeune couple australien, lui s'appelle Leonardo, elle Natalie.
Ils m'expliquent être déjà venus ici, à Hayvenhurst, quelques jours auparavant.
Lorsque nous arrivons vers la maison de la famille de Michael, il n'y a presque personne. Deux voitures de police, quatre ou cinq policiers, et trois papparazzi cachés sous les arbres.
Une voiture sort, puis une autre, que les papparazzi poursuivent. Apparemment, c'était la voiture de Katherine Jackson, mais on ne l'a pas vue dedans...
En revanche, aucun signe d'hommage à Michael ici. "Ils ont tout enlevé, avant il y avait plein de fleurs, de lettres..." m'expliquent les fans australiens.
Nous discutons encore un peu, puis nous prenons en photo les uns les autres, devant le portail menant aux plusieurs résidences dont celle des Jackson.
Celui-ci s'ouvrira encore plusieurs fois. Dont une fois avec une Jeep blanche en sortant.
Et le passager à droite n'est autre que... Joe...
J'arrive tout juste à le filmer. Lui, j'aurai pu le filmer. Un des hommes qui a détruit la vie de Michael. Alors que Michael, quand j'aurais pu le photographier, la foule m'écrasait trop pour que je puisse sortir mon appareil photo de mon sac... La vie est dégoûtante.
Sinon, il ne s'est pas passé grand chose d'autre. Après avoir échangé nos adresses mail, moi et les fans australiens nous disons au revoir.
Je m'arrête ensuite au Gelson's du coin de la rue, et décide d'y manger des sushi...
J'achète également le magazine "Rolling stone", dont MJ fait la une...
En attendant le bus, je me ferai en plus asperger par un autre bus ne s'arrêtant pas à cet arrêt et ayant roulé trop près d'une énorme flaque... Non, ce n'est pas seulement de l'eau que je me suis reçue dessus avec le décès de Michael. C'est une énorme claque, un poignard dans le coeur...
Samedi 11 juillet: Je suis retournée à Rodeo Drive (Beverly Hills), où j'avais été l'an passé, à un an et un jour près. Cela me faisait bien du mal de revoir encore ces endroits, qui n'avaient plus rien de spécial pour moi à présent. Auparavant, LA était la deuxième mégapole que j'avais vue de ma vie, juste après Tokyo. Là, tout me paraissait presque fade...
Sur le chemin de l'aller à Beverly Hills, j'avais tout de même aperçu Melrose Avenue.
Je me suis alors amèrement rappelée la journée shopping que Michael y avait effectuée en octobre 2008. J'aperçois également la boutique de Christian Audigier, avec une énorme image de Michael dessus, accompagnée d'un message d'adieu.
Je décide donc de m'arrêter à Melrose Avenue sur mon chemin de retour afin de revoir les lieux et prendre des photos.
Non seulement le toit, mais également toutes les fenêtres de la boutique d'Audigier sont remplacées par la même image de Michael, souriant, à l'anniversaire du couturier.
Je continue ma promenade, le coeur lourd, lorsque je passe devant la boutique "Off the wall", où Michael avait auparavant acheté une maquette d'avion... Je m'arrêterais dans une ou deux autres boutiques, puis après avoir marché environ une quinzaine de minutes, je fis demi-tour afin de retourner prendre le bus.
Dimanche 12 juillet: J'ai passé la soirée d'avant ainsi que cette matinée-là à essayer de retrouver le marchand que j'avais vu sur Hollywood Boulevard quelques jours avant, et qui vendait des gants de strass pour 5 dollars...
Je ne le retrouverai pas.
Je quitterai Hollywood vers midi et demie, peu après m'être fait faire un pendentif pour portable avec les lettres "MJ". Après avoir pris le métro jusqu'à Union Station, j'y prends la navette pour l'aéroport.
Sur le chemin, je verrai une dernière fois le Staples, à ma gauche.
Une fois arrivée au check-in d'Air New Zealand, la compagnie du vol long courrier sur lequel j'étais jusqu'à Londres, j'y aperçois... mes deux amis australiens.
Ils sont sur le même vol et ont prévu de rester quelques jours à Londres, leur concert ayant du être dans les jours qui suivaient...
Moi je devais changer d'aéroport pour prendre mon vol jusqu'à Genève à l'aéroport de London City.
Ironie du sort, cet aéroport est juste à côté de l'O2 Arena.
Comme nous avons encore du temps à attendre, je les quitte pour aller manger quelque chose au Terminal Tom Bradley. J'aurai encore du mal à contenir ma tristesse là-bas...
Puis, deux heures plus tard, nous embarquons dans l'avion.
Je n'ai pas beaucoup de chance cette fois, car je n'ai plus les quatres sièges voisins pour m'allonger et dormir, ce qui, à l'aller, m'avait empêché de souffrir du décalage horaire.
J'en ai qu'un de libre à côté de moi, et ne dormirai donc presque pas.
Mes amis australiens sont plus loin au fond de l'avion. Eux aussi dormiront très mal.
Lundi 13 juillet: Lorsque nous arrivons à Londres, j'emprunte, pour la première fois depuis deux ans, la même sortie que celle que j'avais du emprunter, le visage trempé de larmes, après avoir manqué mon vol pour Tokyo.
Revoir ces mêmes endroits me fit donc beaucoup de mal.
Puis nous nous renseignons sur les itinéraires de métro à prendre. Je dois changer trois fois de métro, eux deux. En fait, je vais devoir quitter leur dernier métro.
Je me rends compte que notre trajet passe par les arrêts de l'Earl's Court (où Michael avait interprété "We are the world" en novembre 2006 lors des World Music Awards, auxquels je voulais me rendre mais que ma mère me l'a interdit sous prétexte que j'étais mineure), ainsi que Sloane Square (vers le Jumeirah Carlton Tower Hotel, où j'avais désesperément espéré pouvoir y rencontrer Michael en ce matin du 18 mars 2007, juste après être allée à Tokyo).
Je ne pourrai pas descendre aux arrêts, n'ayant pas le temps et trop de bagages, mais tenterai d'observer si je pouvais voir quelque chose. Je verrai un bout du "Earl's Court", et rien à Sloane Square. Puis, après avoir changé de métro pour la deuxième fois, afin de prendre le DLR, j'aperçois que celui-ci est à l'extérieur.
Nous verrons donc très certainement l'O2 à notre droite, de l'autre côté de la Tamise.
Et nous le vîmes, en effet (vidéo bientôt en ligne ici).
Tout le long de mon trajet, jusqu'à ce que je doive descendre pour attendre ma dernière ligne jusqu'à l'aéroport. Et encore là-bas il ne me quittera pas. Avant le décollage je le verrai juste en face de moi, et dans l'avion, alors que nous prenions de l'altitude je le verrai encore, comme flanqué en face de mes yeux.
Et jamais, en le voyant, je n'ai pu me convaincre du fait que Michael n'y performerait plus jamais.
Je sentais en effet encore, dans je ne sais quel détour mensonger et déphasé de mon esprit, que Michael allait toujours y performer...
C'était le lundi 13 juillet, et le premier concert de Michael devait avoir lieu dans un peu plus de trois heures...